Le mot de l'opposition
Des débuts chaotiques
Octobre 2026
Ce début de mandat est préoccupant : des polémiques, des renoncements, mais toujours pas de cap identifiable. Les délibérations adoptées s’inscrivent encore largement dans la continuité des projets engagés auparavant.
Où sont les grandes orientations promises et les changements annoncés comme urgents pendant la campagne ? Une majorité se juge moins à la vigueur de ses critiques qu’à sa capacité à agir.
Les premières décisions visibles sont surtout des renoncements : abandon de la rue-jardin du cours Montaigne, réduction du dispositif « 1 jour, 1 arbre », suppression du budget participatif et, a priori, des conseils d’arrondissement. S’y ajoute l’abandon du centre de conservation des musées. Comment faire du patrimoine une priorité tout en renonçant à un équipement destiné à protéger les collections ?
Mais c’est surtout sur le terrain démocratique que nous sommes très inquiets. Quand l’accès du public au conseil municipal est filtré en amont, avec des consignes données à la police pour limiter l’entrée d’habitants, c’est le débat public qui est mis à mal. Quand un élu est empêché de poursuivre son intervention alors qu’il questionne le fonctionnement de la collectivité et les recrutements, c’est le libre exercice de son droit d’expression qui est mis en cause.
La démocratie ne consiste ni à filtrer les citoyens, ni à faire taire les élus, ni à écarter les questions dérangeantes. Quand le débat devient sous contrôle, c’est la démocratie elle-même qui est menacée.
Les départs de cadres de la collectivité et des deux directrices du CCAS interrogent également sur l’organisation des services et le climat interne. Agents et habitants ont besoin de stabilité et de clarté.
Sur la sécurité et la propreté, présentées comme des priorités, les changements restent difficilement perceptibles. Le monde associatif mérite un soutien appuyé. En proposant de conditionner les aides municipales à la réduction des consommations ou au regroupement d’activités cela soulève des inquiétudes.
Enfin, l’accueil du « Canon français » a suscité une vive controverse au regard des éléments rapportés publiquement sur certaines éditions marquées par des propos inacceptables. Une collectivité engage son image lorsqu’elle met ses équipements à disposition.
Nous continuerons à exercer notre rôle avec responsabilité : constructifs lorsque l’intérêt général le commande, mais déterminés à défendre la démocratie, la transparence et le respect de l’intérêt général.
Car une ville ne peut être gouvernée ni dans le silence, ni dans l’entre-soi, ni dans la mise à l’écart du débat. La démocratie ne doit jamais être bafouée. Elle doit rester au cœur de la vie municipale.
Groupe des élus d’opposition « Périgueux nous rassemble » : Marie-Claire Bécret Dallé, Patrick Capet, Aurélie Folgado, Rodolphe Delcros, Emeric Lavitola, Anne Marchand, Paul Maso, Mireille Volpato