Histoire de la Ville
Périgueux, un patrimoine sauvegardé dans un écrin de verdure
Préfecture du département de la Dordogne, Périgueux est une capitale culturelle et touristique labellisée « 4 fleurs », au cœur du Périgord blanc.
Ville aux dimensions humaines, elle offre aux visiteurs un cadre de vie alliant patrimoine historique gallo-romain, médiéval et Renaissance. Reconnue Ville d’Art et d’Histoire*, Périgueux possède 53 Monuments historiques inscrits et classés, trois musées classés Musées de France dont deux municipaux. Cette station touristique du sud-ouest ancrée dans le passée est aussi résolument tournée vers l’avenir, de nombreux rendez-vous culturels témoignent de sa vitalité tout au long de l’année.
* Le label Villes d’Art et d’histoire a été créé en 1985 par la Caisse nationale des Monuments Historiques et des Sites pour soutenir les collectivités locales qui possèdent un important patrimoine qu’ils souhaitent valoriser. La France compte 164 Villes et Pays d’Art et d’Histoire.
Des lieux sauvegardés
Périgueux se feuillette comme un livre d’histoire, dans ses musées comme dans ses rues, ses parcs et ses jardins. Les nombreux témoignages historiques présentés au Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord (MAAP) renvoient aux origines de l’humanité tandis que l’empire romain se dessine encore à travers les vestiges de son musée Vesunna et de sa tour, bordée de jardins rayonnants.
De l’empire romain…
La tour de Vésone, symbole de l’ancienne cité des Pétrucores, haute de 24 mètres, est la « cella » d’un immense temple situé au cœur de la ville antique. Après avoir perdu sa décoration de marbre, sa toiture de tuiles et ses colonnes au IIIe siècle après Jésus-Christ (qui servirent de murailles contre les invasions barbares), la tour fut rattachée au XIXe siècle au jardin privé du Comte de Taillefer.
Bordée de grands arbres (maclura pommifera, fraxinus monophila et gleditsia triachantos), ce jardin ombragé se transforme quelques mètres plus loin en un espace structuré, ouvrant un large accès au musée.
Créé au XIXe siècle, remodelé en 1972, le jardin de Vésone, d’une superficie de 6 440 m2 s’organise sur une partie de la vaste enceinte de 141x122 mètres qui existait au IIe siècle après Jésus-Christ autour du temple dédié à la tutelle protectrice de la ville, Vesunna. Le périmètre formé par ces jardins, la tour et le vaste musée construit sur une villa gallo-romaine constituent aujourd’hui un passage incontournable pour les touristes et les curieux.
…au Moyen-Âge
Au détour des ruelles médiévales, la vue des maisons à pans de bois vous projettera vers une autre époque. La ville de Périgueux offre ainsi un dédale de ruelles d’où émergent la tour Mataguerre, voisine de l’Office de tourisme municipal, l’Hôtel Gamenson à façade à croisées sculptées, ou encore l’Hôtel de Lajoubertie dont les armoiries fleuries renvoient à divers thèmes mythologiques.
Au sein du secteur sauvegardé trône bien évidemment la haute cathédrale Saint-Front, classée monument historique, entourée des jardins de l’évêché et d’une placette appréciée des touristes comme des locaux.
L’édifice, surmonté de coupoles d’inspiration byzantines, est bâti sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, entré au Patrimoine Mondial de l’Humanité depuis 1998.
… jusqu’au XIXe siècle
L’histoire se poursuit sur le boulevard Montaigne, incarnation des grands travaux de la ville au XIXe siècle : larges boulevards haussmanniens, alignement parfait de façades et de balcons avec espaces floraux centraux.
Enfin, le XXe siècle...
Le XXe siècle se dévoile et s’illustre avec la place Francheville, devenue en 1999 un jardin au cœur de la ville (après l’étude menée par Jean-Paul Vigier, architecte et urbaniste), centre d’animations, de restauration et de jeux pour enfants.
Lien vers site vie culturelle / ville d’art et histoire
Lien vers site de l’Office de tourisme et de l’artisanat de périgueux : www.tourisme-perigueux.fr/
Petit tour d’horizon de la Ville
Parcours au long des siècles qui ont fait Périgueux à travers 8 sites emblématiques de la Ville
La tour de Vésone
Monument du premier siècle le plus emblématique du « premier Périgueux », la tour de Vésone rappelle la naissance de la Vesunna gallo-romaine.
Au cœur même du temple romain dédié à la déesse tutélaire, la tour, qui en représente la partie la plus sacrée, s’ouvre par le caractère circulaire de son dessin aux pratiques cultuelles des Celtes. La légende veut que ce soit Saint-Front lui-même, apôtre du Périgord qui, le frappant de son bâton, ait créé la brèche si typique de l’édifice.
La ville Gallo-romaine
Au temps de son apogée (Ier – IIe siècle), Vesunna, placée sur un axe majeur de la province Aquitaine, disposait d’un ensemble architectural civil, dont les vestiges de l’amphithéâtre situés dans le jardin « des Arènes » d’une capacité de 20 000 places, illustrent encore aujourd’hui le caractère ambitieux de l’édifice.
La cité du premier Moyen-âge, Saint-Etienne La Cité
Après la chute de l’Empire romain, la ville s’enferma dans une enceinte restreinte autour de laquelle subsista un habitat résiduel. A l’intérieur s’installèrent l’évêque et son clergé, au service d’une église du Périgord dont les fondements avaient été posés au IIIe siècle.
Construite aux XIème et XIIème siècles, l’église Saint-Étienne (cathédrale jusqu’au XVIIe siècle) est un bel exemple de l’art roman en Périgord par la présence de ses coupoles en alignement.
Le château Barrière
Les murs datant du IIIème siècle qui jouxtent le château accueillirent après l’an Mil plusieurs forteresses des grandes familles aristocratiques périgourdines. Le château Barrière garde la trace visible de cette époque.
Située tout près, la porte Normande témoigne de la permanence des invasions dans les derniers siècles du premier millénaire. A partir du XIIe siècle, la Cité, domaine du clergé et de l’aristocratie, ne put empêcher l’émancipation du bourg du Puy Saint-Front, situé plus haut dans la ville, et déclina peu à peu.
La cathédrale Saint-Front
La cathédrale Saint-Front, symbole de la Ville, témoigne de la rencontre architecturale entre le style roman et le style byzantin.
Construit autour de la cathédrale, le bourg du Puy Saint-Front a abrité des décennies d’échanges marchands et d’activités intenses au temps des grands pèlerinages.
Disposant d’une ville stratégique née de l’affrontement entre les Capétiens et les Plantagenets, ducs d’Aquitaine et roi d’Angleterre, les bourgeois du Puy optèrent très tôt pour l’alliance avec le roi de France en signant en 1270 un Acte d’Union qui consacrait l’unité de la ville et son organisation sur le mode consulaire.
La maison des Consul
Construit sur les bords du fleuve, l’ensemble architectural, propriété de grandes familles consulaires témoigne de la splendeur de la ville après les deux siècles très critiques de la fin du Moyen-âge : le dynamisme des XIIe et XIIIe siècles, les cycles de la guerre de Cent Ans, les épidémies récurrentes de peste et les crises économiques ont conduit à une période très sombre pour la ville au XIVe et première moitié du XVe siècle.
Ces hôtels témoignent aussi d’une évolution artistique sans rupture majeure ; ainsi s’effectua, en douceur, le passage d’un gothique flamboyant qui s’épanouit dans la maison Cayla (à gauche) à l’art italianisant de la Renaissance qui s’épanouit dans la maison Lambert (à droite).
La rue Limogeanne
C’est à la Renaissance que Périgueux connut son âge d’or. Entre 1450 et 1550, la ville vit se construire un ensemble d’hôtels groupé autour de la rue Limogeanne, des venelles et des places adjacentes telle que la place Saint-Louis.
Ce bâti constitue aujourd’hui le cœur du secteur sauvegardé, né de la restauration de ce somptueux héritage. La grande prospérité de la Renaissance fut interrompue par les douloureuses séquences que constituèrent, entre 1560 et 1660, les Guerres de Religion, les soulèvements des Communes du Périgord mieux connus sous le nom de « Croquants » et la Fronde. La ville, très meurtrie connue un fort déclin de population, si bien qu’à la Révolution, elle ne comptait plus qu’un quart de la population du Moyen-âge.
Les boulevards
Le XIXe siècle, en revivifiant son rôle de capitale administrative et économique du nouveau département, permit à la ville une belle reprise d’activité qui se traduisit par l’ouverture de grandes artères modernes, les boulevards, lieu par excellence de la sociabilité périgourdine.
Périgueux avant / après, en images
Une série de photos signée Edouard-Denis BALDUS (1813-1883) et archivée à la Bibliothèque municipale révèle quelques clichés de Périgueux en mai 1860 : cathédrale Saint-Front, quartiers du Greffe et des Rues-Neuves, canal, etc.
Les prises de vues récentes permettent d’admirer le cadre de vie préservé au fil des siècles.
Périgueux et l’extérieur
Jumelage avec Amberg
Depuis plus de 40 ans, les villes françaises de Périgueux et allemande d’Amberg sont reliées par un « jumelage » entre les deux cités. Les échanges suivis entre les deux ville créent des passerelles amicales, des découvertes, permettent d’accueillir des étudiants à certaines périodes de l’année etc.
A Amberg, plusieurs signes témoignent de cette amitié : une sculpture "la Vesona-turm" rappelle la tour de Vésone, un rond point signale également la distance qui sépare les deux cités.
A Périgueux, les entrées de ville avec panneaux signalent ce jumelage, démarré en 1947 avec la rencontre d'un prisonnier de guerre allemand Hans Kowar, qui se lie d'amitié avec un jeune prêtre professeur, puis aumônier des françaisà Münich, Henri Cellerier. A cette époque des premiers échanges entre scouts, anciens combattants se mettent en place.
En 1962, les premiers échanges scolaires débutent, et en 1965, le jumelage est officialisé par Monsieur Paillou, maire adjoint de Périgueux, le docteur Steininger, maire d'Amberg et Monsieur Taulelle, préfet de la Dordogne. C'est le prélude des échanges entre conseils municipaux.
En 1993 est créée l'Association des amis d'Amberg donnant lieu à de nombreux échanges entre étudiants de même que des échanges privés ou associatifs. Elle sera présidée pendant plusieurs années par son fondateur le docteur Alain Chabanne.
Périgueux « ville sœur » de Strasbourg
Les liens existant entre les villes de Périgueux et Strasbourg dépassent le cadre du simple jumelage : il prend son origine dans l’Evacuation des milliers d’Alsaciens en Dordogne et à Périgueux dès la déclaration de la seconde guerre mondiale, en septembre 1939.
Des suites de cet événement historique, qui a profondément marqué les populations des deux villes, naît un protocole, celui des « villes sœurs », signé en 1984 entre les deux cités. Depuis 2008, le Maire de Périgueux, Michel Moyrand, et son homologue strasbourgeois, Roland Ries, s’appliquent à renforcer les liens tissés entre les deux cités, pour faire vivre le devoir de mémoire, mais aussi pour poursuivre et créer des passerelles de coopération pratiques et concrètes entre les deux villes. Ainsi, les services municipaux des deux villes travaillent désormais sur différents projets de travail transversaux autour des activités liées à la jeunesse, au tourisme et à la culture.
Rappel historique
Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Ce même jour, le gouvernement français décrète la mobilisation générale et l’état de siège. Les autorités militaires, appliquant un plan élaboré de longue date, ordonnent alors l’évacuation des populations domiciliées entre la frontière allemande et la ligne Maginot avec effet immédiat. Dès le lendemain, les Alsaciens de la zone évacuable doivent quitter leurs maisons et leurs biens. A pied, à cheval, à bicyclette, ils gagnent les centres de recueil, première étape de l’itinéraire vers les départements du Sud-Ouest désignés pour les recevoir. Strasbourg devient ville morte.
La Dordogne, qui compte à l’époque 380 000 habitants, s’apprête à accueillir 80 000 Alsaciens. Elle devient le département d’accueil de Strasbourg et de 19 villages du Grand Ried. Choc culturel et social, déracinement : l’Evacuation va bouleverser des vies et des familles entières. Très vite, les commerces et les restaurants alsaciens ont pignon sur rue à Périgueux. De nombreux bâtiments voisins du quartier Sainte-Ursule sont occupés par les services administratifs de la Ville de Strasbourg.
Après une année passée en Dordogne, les évacués rentrent en Alsace. L’Armistice ayant été signé en juin 1940, l’Alsace fait pression sur le gouvernement français et sur les Allemands pour que les exilés regagnent leur département. 20% d’entre eux choisissent de rester en Périgord. Des années après, les liens tissés pendant la guerre se renouent et plusieurs jumelages voient le jour.
Charles Mangold, grand résistant strasbourgeois… et périgourdin
Né le 21 août 1891 à Ostwald (Bas-Rhin) et fusillé le 12 août 1944 à Périgueux (Dordogne), le destin de Charles Mangold est l’un de ceux qui ont dessiné la Dordogne et la France d’aujourd’hui.
Si l’une des rues de Périgueux porte son nom, qui figure également sur le mur des fusillés, trop peu de gens connaissent la biographie de l’alsacien Charles Mangold, dont le souvenir a été célébré en novembre 2011 au cimetière Saint-Urbain de Strasbourg dans lequel repose sa « tombe d'honneur ».
Agé de 23 ans, et parce qu’il ne voulait pas répondre à l'ordre de mobilisation générale des autorités militaires impériales allemandes en 1914, le jeune Charles déserte et se réfugie à Nancy où il se porte volontaire dans les rangs de l'armée française. Sa démarche étant jugée irrecevable (l'armée française ne peut intégrer des sujets allemands), Charles Mangold s'engage alors dans la Légion étrangère, rejoint le régiment de marche d'Algérie (RMA), avant d’être envoyé dans les Dardanelles en 1915, au 3e régiment de marche de zouaves en Algérie en 1917, puis à Constantine et Sidi Bel Abbes, avant d’être ensuite transféré à Verdun jusqu'à la fin de la guerre, en 1918. Le soldat sera blessé à six reprises durant cette première guerre mondiale.
Après la guerre, il entre en 1919 au ministère des Affaires étrangères : il est détaché dans un organisme dépendant de la commission des réparations mise en place par le traité de Versailles. En septembre 1939, après la déclaration de guerre annonçant le début de la seconde guerre mondiale, Charles Mangold est évacué avec son administration et comme des milliers de d'Alsaciens vers Périgueux, où il fonde le groupe d'entraide des réfugiés d'Alsace (GERAL). Il fera ce déplacement à vélo…
Au cœur du quartier Saint-Georges, il est en 1941 l'un des fondateurs du Groupement d'entraide des réfugiés d'Alsace et de Lorraine. En octobre 1942, il entre officiellement dans la Résistance, sous le pseudonyme de « Vernois », en rejoignant le groupe Roland (dépendant de l'Armée secrète, A.S). Il deviendra chef de l'A.S. de Périgueux en novembre 1942, puis chef de l'A.S. de Dordogne-Centre, qui couvre un très vaste territoire.
Repéré par les services nazis, il entre dans la clandestinité en 1943. Inlassablement traqué par la Gestapo, il continue néanmoins très activement son combat et ses actions, ce qui lui vaut, le 5 août 1944, d'être fait commandant des FFI. Mais il ne profitera guère de ce nouveau grade : le 7 août 1944, alors qu'il circule à vélo sur la route de Bordeaux, il est arrêté à hauteur de Razac-sur-l'Isle.
Conduit dans les bâtiments du 35e régiment d'artillerie divisionnaire de Périgueux, dans le quartier Daumesnil, Charles Mangold est interrogé et torturé. Pour ne pas parler, il tente de se suicider dans sa cellule en s'ouvrant les veines avec un morceau de boîte de conserve.
Ligaturant ses bras, ses geôliers le raniment à l'aide d'une piqûre et, le traînant dans l'enceinte de la caserne, le fusillent en compagnie de 21 autres résistants, le 12 août 1944. Périgueux sera libérée une semaine plus tard...
Son corps sera jeté dans une fosse commune et récupéré par la famille quelques jours après le départ des Allemands de Périgueux. Son cercueil sera ensuite transféré à Strasbourg en novembre 1954.
Charles Mangold a reçu la Légion d’Honneur et la Médaille de la Résistance à titre posthume. Le nom de ce héros, associé à l’Histoire de la Ville, figure également sur le monument du Mur des fusillés de Périgueux, sur le site même de son exécution. Dans ce quartier Saint-Georges, chaque 19 août, date anniversaire de la libération de la Ville, une cérémonie en hommage aux morts pour la France est organisée.






















Partager cette Page