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Histoire de la Ville

Périgueux, une ville plus de deux fois millénaire

Si Périgueux et ses proches environs étaient déjà occupés aux origines de l’Humanité, la première ville, nommée Vesunna (nom d’une divinité tutélaire gauloise dont le rite sera conservé par les romains), date du Ier siècle avant J.-C. pendant l’occupation romaine en Gaule.

Au creux de sept collines, la "petite Rome" s’étend dans la boucle de la rivière Isle et devient la capitale romaine de la cité des Pétrocores. Au IIIe siècle après J.-C., l’Empire romain connaît de graves difficultés et Vesunna comme d’autres cités se retranche à l’intérieur d’une muraille construite avec les blocs démontés des grands monuments qui firent sa gloire.

Vers le Xe siècle, un centre monastique fréquenté par les pèlerins se forme sur la colline qui domine la rivière autour du sanctuaire de saint Front, évangélisateur du Périgord. Un bourg fortifié de religieux, marchands et artisans, se constitue et devient une étape majeure sur la voie de Vezelay, pour les pélerins en direction de Saint-Jacques de Compostelle.

Entre le comte de la Cité, soucieux de préserver son autorité, et les bourgeois du Puy Saint-Front, les rivalités sont nombreuses. La ville médiévale du Puy Saint-Front comprend une dizaine de secteurs de gué (quartiers) : les combats se multiplient sur l’actuelle place Francheville, ancienne carrière de pierres "entre-deux-villes". Un acte d’union donne naissance à la ville de Périgueux en 1240 sous le règne de saint Louis.

La haute cathédrale Saint-Front aux accents byzantins signe, telle une vigie, l’identité de Périgueux et son patrimoine. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle depuis 1998.

À la Renaissance, Périgueux continue de se développer et devient un carrefour marchand dans la région. Ni les soulèvements des croquants, ni la Révolution, n’entament la réputation commerciale de la ville.

Devenue Préfecture du département, c’est néanmoins l’arrivée du chemin de fer, sous le Second Empire, qui attire de nouveaux habitants. La population double pratiquement en 30 ans. La superficie de la ville augmente, entraînant l’étirement du périmètre urbain. Loin du théâtre des conflits, la population de la Dordogne n’en subit pas moins les conséquences de la Grande Guerre. L’économie doit soutenir l’effort de guerre : les ateliers cheminots deviennent "Ateliers de la défense nationale" et fabriquent des obus. Durant la Seconde Guerre mondiale, la ville, située en zone libre, accueille plusieurs réseaux de la Résistance.

Des paysages urbains variés

La ville romaine

Elle naît aux pieds des collines, sur la rive droite de la boucle de l’Isle, vers 16 avant J.-C. Au IIe siècle, elle s’étend sur 82 hectares et présente toutes les caractéristiques d’une petite Rome. Deux siècles plus tard, les crises politiques et militaires, les épidémies et les premières invasions entraînent une baisse de la démographie. Vesunna se replie derrière ses remparts et sa superficie se réduit à 6,5  hectares. Aujourd’hui, des vestiges gallo-romains sont encore visibles : la Tour de Vésone et la domus (actuel site-musée Vesunna), l'amphithéâtre (actuel jardin des Arènes).

La ville médiévale

Sa singularité provient de sa composition autour de deux centres clos, la Cité et le Puy Saint-Front, autour desquels se développent des faubourgs. Le secteur sauvegardé offre une idée de cet entrelacs de ruelles, avec ses maisons de bois et ses hôtels particuliers en pierre. La zone protégée, créée en 1970 s’étend sur plus de 20 hectares et concerne le Puy Saint-Front dans son secteur piétonnier, la rue Limogeanne et l’ensemble des ruelles autour de la Tour Mataguerre.

La "ville moderne"

Au XVIIIe siècle, l’intendant de Guyenne, Louis-Urbain de Tourny, fait aménager des places, ouvrir des avenues et débute le démantèlement des anciennes fortifications. Aux fossés et aux remparts au nord de la ville, succède le vaste mail des allées de Tourny. En 1826, un jeune architecte parisien de 20 ans, Louis-Baptiste Catoire bouleverse le parcellaire de la ville. Dessinant à l’Ouest de nouveaux horizons, il finit de faire sauter le corset de remparts.

La ville contemporaine

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, un projet d’embellissement est présenté avec l'aménagement du nouveau quartier Sainte-Ursule, le nouveau théâtre. La démolition du quartier des "Rues Neuves" au pied de la cathédrale entraîne, jusque dans les années 1970, le déplacement de nombreuses familles vers les quartiers de Campniac et du Gour-de-l'Arche. En centre-ville, de nouveaux espaces urbains apparaissent comme la place Saint-Louis  inaugurée en 1980 et la place Francheville renovée en 2006.

Périgueux avant / après, en images

Une série de photos signée Edouard-Denis BALDUS (1813-1883) et archivée à la médiathèque municipale révèle quelques clichés de Périgueux en mai 1860 : cathédrale Saint-Front, quartiers du Greffe et des Rues-Neuves, canal, etc.
Les prises de vues récentes permettent d’admirer le cadre de vie préservé au fil des siècles.

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Périgueux et l’extérieur

Jumelage avec Amberg

Depuis plus de 40 ans, les villes de Périgueux et d’Amberg (Allemagne) sont reliées par un « jumelage » entre les deux cités. Les échanges suivis entre les deux ville créent des passerelles amicales, des découvertes, permettent d’accueillir des étudiants à certaines périodes de l’année etc.A Amberg, plusieurs signes témoignent de cette amitié : une sculpture "la Vesona-turm" rappelle la tour de Vésone, un rond point signale également la distance qui sépare les deux cités.

A Périgueux, les entrées de ville avec panneaux signalent ce jumelage, démarré en 1947 avec la rencontre d'un prisonnier de guerre allemand Hans Kowar, qui se lie d'amitié avec un jeune prêtre professeur, puis aumônier des françaisà Münich, Henri Cellerier. A cette époque des premiers échanges entre scouts, anciens combattants se mettent en place.

En 1962, les premiers échanges scolaires débutent, et en 1965, le jumelage est officialisé par Monsieur Paillou, maire adjoint de Périgueux, le docteur Steininger, maire d'Amberg et Monsieur Taulelle, préfet de la Dordogne. C'est le prélude des échanges entre conseils municipaux.

En 1993 est créée l'Association des amis d'Amberg donnant lieu à de nombreux échanges entre étudiants de même que des échanges privés ou associatifs. Elle sera présidée pendant plusieurs années par son fondateur le docteur Alain Chabanne.

Périgueux « ville sœur » de Strasbourg

Les liens existant entre les villes de Périgueux et Strasbourg dépassent le cadre du simple jumelage : il prend son origine dans l’Evacuation des milliers d’Alsaciens en Dordogne et à Périgueux dès la déclaration de la seconde guerre mondiale, en septembre 1939.

Des suites de cet événement historique, qui a profondément marqué les populations des deux villes, naît un protocole, celui des « villes sœurs », signé en 1984 entre les deux cités.

Rappel historique

Le 1er septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Ce même jour, le gouvernement français décrète la mobilisation générale et l’état de siège. Les autorités militaires, appliquant un plan élaboré de longue date, ordonnent alors l’évacuation des populations domiciliées entre la frontière allemande et la ligne Maginot avec effet immédiat. Dès le lendemain, les Alsaciens de la zone évacuable doivent quitter leurs maisons et leurs biens. A pied, à cheval, à bicyclette, ils gagnent les centres de recueil, première étape de l’itinéraire vers les départements du Sud-Ouest désignés pour les recevoir. Strasbourg devient ville morte.

La Dordogne, qui compte à l’époque 380 000 habitants, s’apprête à accueillir 80 000 Alsaciens. Elle devient le département d’accueil de Strasbourg et de 19 villages du Grand Ried. Choc culturel et social, déracinement : l’Evacuation va bouleverser des vies et des familles entières. Très vite, les commerces et les restaurants alsaciens ont pignon sur rue à Périgueux. De nombreux bâtiments voisins du quartier Sainte-Ursule sont occupés par les services administratifs de la Ville de Strasbourg.

Après une année passée en Dordogne, les évacués rentrent en Alsace. L’Armistice ayant été signé en juin 1940, l’Alsace fait pression sur le gouvernement français et sur les Allemands pour que les exilés regagnent leur département. 20% d’entre eux choisissent de rester en Périgord. Des années après, les liens tissés pendant la guerre se renouent et plusieurs jumelages voient le jour.

Charles Mangold, grand résistant strasbourgeois… et périgourdin

Né le 21 août 1891 à Ostwald (Bas-Rhin) et fusillé le 12 août 1944 à Périgueux (Dordogne), le destin de Charles Mangold est l’un de ceux qui ont dessiné la Dordogne et la France d’aujourd’hui.
Si l’une des rues de Périgueux porte son nom, qui figure également sur le mur des fusillés, trop peu de gens connaissent la biographie de l’alsacien Charles Mangold, dont le souvenir a été célébré en novembre 2011 au cimetière Saint-Urbain de Strasbourg dans lequel repose sa « tombe d'honneur ».

Agé de 23 ans, et parce qu’il ne voulait pas répondre à l'ordre de mobilisation générale des autorités militaires impériales allemandes en 1914, le jeune Charles déserte et se réfugie à Nancy où il se porte volontaire dans les rangs de l'armée française. Sa démarche étant jugée irrecevable (l'armée française ne peut intégrer des sujets allemands), Charles Mangold s'engage alors dans la Légion étrangère, rejoint le régiment de marche d'Algérie (RMA), avant d’être envoyé dans les Dardanelles en 1915, au 3e régiment de marche de zouaves en Algérie en 1917, puis à Constantine et Sidi Bel Abbes, avant d’être ensuite transféré à Verdun jusqu'à la fin de la guerre, en 1918. Le soldat sera blessé à six reprises durant cette première guerre mondiale.

Après la guerre, il entre en 1919 au ministère des Affaires étrangères : il est détaché dans un organisme dépendant de la commission des réparations mise en place par le traité de Versailles. En septembre 1939, après la déclaration de guerre annonçant le début de la seconde guerre mondiale, Charles Mangold est évacué avec son administration et comme des milliers de d'Alsaciens vers Périgueux, où il fonde le groupe d'entraide des réfugiés d'Alsace (GERAL). Il fera ce déplacement à vélo…

Au cœur du quartier Saint-Georges, il est en 1941 l'un des fondateurs du Groupement d'entraide des réfugiés d'Alsace et de Lorraine. En octobre 1942, il entre officiellement dans la Résistance, sous le pseudonyme de « Vernois », en rejoignant le groupe Roland (dépendant de l'Armée secrète, A.S). Il deviendra  chef de l'A.S. de Périgueux en novembre 1942, puis chef de l'A.S. de Dordogne-Centre, qui couvre un très vaste territoire.
Repéré par les services nazis, il entre dans la clandestinité en 1943. Inlassablement traqué par la Gestapo, il continue néanmoins très activement son combat et ses actions, ce qui lui vaut, le 5 août 1944, d'être fait commandant des FFI. Mais il ne profitera guère de ce nouveau grade : le 7 août 1944, alors qu'il circule à vélo sur la route de Bordeaux, il est arrêté à hauteur de Razac-sur-l'Isle.

Conduit dans les bâtiments du 35e régiment d'artillerie divisionnaire de Périgueux, dans le quartier Daumesnil, Charles Mangold est interrogé et torturé. Pour ne pas parler, il tente de se suicider dans sa cellule en s'ouvrant les veines avec un morceau de boîte de conserve.

Ligaturant ses bras, ses geôliers le raniment à l'aide d'une piqûre et, le traînant dans l'enceinte de la caserne, le fusillent en compagnie de 21 autres résistants, le 12 août 1944. Périgueux sera libérée une semaine plus tard...
Son corps sera jeté dans une fosse commune et récupéré par la famille quelques jours après le départ des Allemands de Périgueux. Son cercueil sera ensuite transféré à Strasbourg  en novembre 1954.

Charles  Mangold a reçu la Légion d’Honneur et la Médaille de la Résistance à titre posthume. Le nom de ce héros, associé à l’Histoire de la Ville, figure également sur le monument du Mur des fusillés de Périgueux, sur le site même de son exécution. Dans ce quartier Saint-Georges, chaque 19 août, date anniversaire de la libération de la Ville, une cérémonie en hommage aux morts pour la France est organisée.

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